[Concerts 2003]  

LE CONCERT KRP 2003

Avec le soutien de la D.R.A.C. Languedoc Roussillon (aide à la création).
En partenariat avec le service communication d'Air France.

Le Trio KRP :
Daniel KIENTZY, saxophone
J. Pierre ROBERT, contrebasse
Reina PORTUONDO, dispositif électro-acoustique.

Première partie :

Deuxième partie :


Jean-Louis DHERMY
Etudes de Professorat de Musique, harmonie et direction d'orchestre à la Scola Cantorum de Paris. Travail en électroacoustique à l'Adac puis dans la classe de Michel Zbar, et à l'UPIC avec Julio Estrada et Curtis Roads. Il s'oriente de plus en plus vers des créations dans lesquelles la performance tient une place majeure, sans toutefois délaisser le domaine acousmatique. Des sculpteurs, peintres, poètes sont le plus souvent à l'origine de réalisations pluridisciplinaires. Membre d'Ars Sonora, de Paysaginaire (94-98), du Forum Ircam (96-2000) du Festival FUTURA (1999-2000). Parmi ses créations, Division-Développementa reçu un prix France Culture avant le Cria obtenu le Trophée de Bronze au Faust 94, Trilogue a été nominé avec le 5°mouvement Pnoê au Concours de Bourges 1999. Presque toutes ses musiques, réparties dans 10 disques ont été créées lors des festivals FUTURA, PAYSAGINAIRE, ACOUSMATICA, MUSICA, INFINITA.

''Amoïbaïos''.
Il s'agit de la troisième musique dédiée à Daniel Kientzy. Celle-ci est écrite pour saxophones basse et contrebasse et pour contrebasse à cordes. Dans cette composition j'ai emprunté un chemin inverse de celui qui a guidé mes précédentes créations : le son constitue la source d'un état d'âme. Toute matière est vibrations plus ou moins rapides, plus ou moins perceptibles. Le son n'est qu'un cas particulier de ce fait. La trajectoire d'une sonorité peut rester indépendante ou s'approcher de celle d'un autre par son registre, sa pulsation, son rythme interne, sa dynamique, ses métamorphoses spectrales. Ses subtiles variations peuvent provoquer des réactions en chaîne desquelles naissent une résonance, une émotion.

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Harris XANTHOUDAKIS
Né au Pirée en 1950, il fit ses études musicales à Athènes (composition avec J.A. Papaioannou et musique électroacoustique avec M. Adamis), puis à Paris (avec I. Xenakis). Diplômé en Lettres (Université d'Athènes), Docteur en Musique et Esthétique des Arts musicaux (Université Paris I, Panthéon-Sorbonne), il fit également des études en Informatique musicale (G.R.M.), Linguistique (E.P.H.E.), Sémiologie (E.P.H.E. et Université de Paris VII), Histoire et Théorie de l'Art (E.H.E.S.S. et École du Louvre). Un des principaux fondateurs de la musique électroacoustique en Grèce, il est en même temps un des représentants de la musique symphonique post-moderne de ce pays. Il a composé des œuvres pour diverses formations vocales, instrumentales, électroacoustiques ou mixtes et a publié des articles et de livres en grec, français, anglais, allemand et russe. Il est professeur à l'Université Ionienne et chef du Département Musical de cette Université. Depuis 1992 il habite à Corfou.

''Les visages de la nuit''(1989).
pour saxophone contrebasse et bande Basée sur la séquence "Dies-Irae", l'oeuvre est elle-même une sorte de trope, dans la mesure où elle ne constitue qu'une modification du chant dans ses versions originale et Berliozienne. Par ailleurs elle a été conçue comme un Konzertstück, dont la partie électro- acoustique dissimule mal ses prétentions faussement orchestrales. La rigidité rythmique de cette partie là, ainsi que la référence à l'esprit et à lettre romantiques ne manque pas de faire taxer l'œuvre de néoromantique : attribut que le compositeur rejettera aussi catégoriquement que la pièce l'assumera.

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Etienne ROLLIN
Né en 1952 aux Etats Unis où il étudie la philosophie. Etienne Rollin vit en France depuis 1974 où il a rencontré des personnalités déterminantes pour sa carrière de compositeur. Citons N. Boulanger, O. Messiaen, I. Xenakis et F. Donatoni. En tant que poly-instrumentiste, il fait parti de plusieurs ensembles de musique actuelle (écrite et improvisée). Depuis 1985, il enseigne l'analyse au CNR de Bordeaux et anime un atelier d'improvisation. Il diffuse sa musique à travers le label Erol Records et les éditions Questions de Tempéraments.

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Karim HADDAD
Compositeur libanais né en 1962 à Beyrouth. Il entreprend des études musicales au Conservatoire National de Beyrouth. En 1982 il quitte Beyrouth pour Paris où il rentre au CNSM où il obtient 6 prix ainsi que le Diplôme Supérieur de Composition avec mention. En 1995 il suit le stage d'informatique musicale de l'IRCAM, à partir de cette date il utilise exclusivement l'outil informatique pour l'élaboration de ses œuvres. A partir de l'année 2000 il assure le support technique du forum de l'IRCAM.Ces recherches l'amènent à développer une interface entre l'environnement d'OpenMusic et l'éditeur de partition FinaSes œuvres sont interprétées par des solistes (l'Itinéraire, 2e2m, l'Orchestre Philharmonique de Radio France) dans plusieurs Festivals en France et à l'étranger.

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Hwang Syng Ho
Compositeur, professeur, théoricien, écrivain et critique, il étudia à l'Université National de Séoul. Il approfondie ses études de composition et la théorie de la musique avec P. Cabus au Brussel Joninklijk Conservatorium, ainsi que la musique électroacoustique avec D. Porcelijn, T. Bruynel au Conservatoire d'Utrecht et à l'Institut voor Sonologie de l'Université d' Utrecht. Actuellement il est professeur à l'Université Nationale de Corée et président du KEAMS (Association de Musique Electroacoustique de Corée). Il est le directeur musical du SICMF (Festival International de Musique par Ordinateurs de Corée).

''T.V. Scherzo''(pour bande seule)
D'après la danse Fire Mist (1991), celle ci s'inspira de "T.V. Satire" ( sur les événements qui ont eu lieu entre 1994 et 1995). Il s'agit de la perte de notre véritable sens de la réalité, reflété dans la télévision, provocant une confusion en ce qui concerne le temps. Elle se déroule de la même façon qu'un programme de télévision conventionnel de Corée. L'effet minimaliste, aléatoire, tonal, harmonique et des sons, est intensifié par la rythmique, contrastée en trois parties. La première avec des gestes comiques, celle du milieu avec des gestes "jolis" et rythmés, et celle de la fin avec des sons expérimentaux. Cette pièce souligne l'intérêt du compositeur dans les gestes rythmiques, et elle est un produit du modernisme, qui est possible dans un environnement culturel électronique. Cette oeuvre a été sélectionnée par les compositeurs, comme une des meilleures pièces présentées dans le ICMC 1996. Elle a été jouée à plusieurs reprises en Corée et Japon, ainsi qu'en France.

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James GIROUDON
Diplômé de la classe de Pierre Schaeffer et Guy Reibel au CNSM de Paris. Chargé de cours depuis 1992 à l'université de Caen. Fonde en 1981 le GRAME à Lyon avec Pierre Alain Jaffrennou. Il en assure depuis cette date la codirection et crée à Lyon en 1992 le festival Musiques en Scène. Compose des musiques électroacoustique pour le concert et les grands spectacles musicaux, des oeuvres mixtes pour solistes, ensembles instrumentaux et dispositifs. Ses œuvres sont jouées régulièrement à l'étranger dans le cadre des tournées de concerts GRAME et sur l'invitation de festivals. A reçu le Faust de Bronze en 1993 pour l'Opéra ''Jumelles'' co-écrit avec Pierre Alain Jaffrennou.

Jean-François ESTAGER
De 1976 à 1983 il est chargé de la musique auprès du chorégraphe Michel Hallet - Eghayan (15 créations). En 1983 il devient compositeur permanent à GRAME où il est plus particulièrement chargé de missions à caractère pédagogique. La pièce écrite pour contrebasse et ordinateur par Jean - François Estager et James Giroudon, interprétée par Jean - Pierre Robert, a été sélectionnée en 1995 à l'ICMC au Banff Center of Arts (Vancouver), à l'ISEA (Montréal), et en 1996 à l'ISCM au Danemark. Les deux compositeurs ont reçu le Prix de l'Académie du Disque français en 1989 pour le disque collectif Grame / Musiques numériques.

''Unes, voix de basse''
Cette pièce pour contrebasse et dispositif est née de la rencontre avec Jean - Pierre Robert. Le dispositif avec lequel le contrebassiste est en constante relation de matière sonore et d'écriture est conçu comme un instrument à part entière développant des jeux, des effets et des polyphonies que les traitements électroniques ont rendu possibles, sans dénaturer l'aspect instrumental. L'interprète va se nourrir des couleurs sonores de la bande pour travailler le son de l'instrument live. La pièce fonctionne sous deux modes soit mixte avec une bande soit avec des séquences numériques déclenchées par l'intermède afin que son jeu et son geste soient en énergie avec le déroulement de la pièce. D'une durée de près de 12 minutes, la pièces est divisée en deux parties, avec une courte introduction liée à la première partie. Jean - François Estager et James Giroudon ont composé ensemble à plusieurs reprises notamment avec Barre Philips des pièces mixtes et interactives pour contrebasse. La réalisation musicale s'est faite dans les studios de Grame.

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Calin IOACHIMESCU
Né en 1949 à Bucarest.
Etudes de composition avec Stefan NICULESCU au Conservatoire National Supérieur de Bucarest. Cours d'informatique musicale à l'IRCAM - Paris, compositeur stagiaire avec une bourse du Gouvernement français, il a suivi aussi les cours d'été de musique contemporaine de Darmstat (RFA) en 1980-1984. Pour sa création, il a reçu deux fois le Prix National de Composition et le "Kranichsteiner Musikpreis" - Darmstadt - 1984. Ses compositions qui comprennent musique pour instruments solo, musique pour différents ensembles, pièces d'orchestre et musique électroacoustique, ont été créées en Roumanie ainsi que dans différents centres musicaux européens. Sa création reflète ses recherches dédiées à l'étude d'un langage musical-synthèse, particulièrement défini sur les lois acoustiques et psychologiques. Calin IOACHIMESCU est aussi directeur du S.M.E.I. (studio de musique électroacoustique et d'enregistrements) de l'Union des Compositeurs de Roumanie.

''Les éclats de l'abîme'' (pour saxophone contrebasse et bande) Cette pièce dédiée à Daniel Kientzy utilise, pour la partie enregistrée, des sons échantillonnées de saxophone contrebasse. Le timbre grave et profond de cet instrument donne, selon les propres mots de l'auteur, une "image sonore de l'Abîme" : comme si ces sons avaient une matérialité et explosaient en milliers de particules scintillantes qui formeraient un halo autour de ces fondamentales. Telle est l'image visuelle qui a guidé l'imaginaire musical du compositeur.

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Vítor RUA (Porto, 1961) Il commence sa carrière à la fin des années 70 avec quelques inventions mélodiques qui ont marqué profondément l'"art rock" portugais. En 1982 il a co-fondé Telectu, où jusqu'à maintenant, il s'est révélé comme un soliste exponentiel de la guitare électrique. Dans le travail avec Telectu il a rencontré des importantes figures internationales de l'improvisation et il s'est réaffirmé comme un improvisateur expérimental et pluraliste. En 1987 dans un acte volontaire de autodidactisme, il se consacre à l'étude de la notation musicale contemporaine, domaine dans lequel il évolue de forme vertigineuse. Son œuvre reflète un travail de tendance post-moderne, préliminaire, varié, avec des ressources empiriques de confinement culturel, en dehors des frontières de styles et d'idées.

''HATSHEPSUT''
Composition demandée par le virtuose saxophoniste et ami, Daniel Kientzy, pour saxophone contrebasse, contrebasse à cordes et bande. J'ai commencé à écrire la pièce à Lisbonne, le jour même où j'ai reçu l'appel de Daniel. J'ai tout de suite noté les premiers esquisses sur un papier, et après dans une seconde phase, je me suis servi de l'ordinateur. Une grande partie de la structure de l'œuvre a pris forme après mon voyage en Égypte : Luxor, Karnak, Le Caire. , De là, le titre de l'ouvre "HATSHEPSUT". "HATSHEPSUT" s'assume comme "pharaon", en s'habillant en homme et on le représente avec la barbe des pharaons. Ce "travestisme" apparaît dans mon œuvre de manières diverses : la contrebasse, instrument à cordes, associée toujours à une échelle des sons graves, parfois prend la place plus tôt d'un violon ; par moments on ne sait pas qui produit spécifiquement le son : si c'est la contrebasse, le saxophone contrebasse, ou bien la bande qui entretient un effet de mimétisme subliminal et magique. HATSHEPSUT est une œuvre au caractère obsessif, avec de profondes altérations de dynamiques et timbres qui, en étant d'une courte durée - environ 5 minutes - "trompe" le temps réel, et donne une sensation à celui qui écoute d'une plus longue durée du "temps virtuel". Peut-être existe ici également un parallélisme avec la biographie de la reine HATSHEPSUT, qui gouverna pendant vingt ans - "temps réel" - dans une époque de paix et de renaissance économique, mais qui, pour ses serviteurs, parut une période bien plus courte. De retour d'Égypte et de nouveau à Lisbonne j'ai fini la composition ; avec l'aide de l'ordinateur, j'ai réalisé la bande ainsi que le processus de synchronisation avec les instruments naturels. La pièce exige l'amplification des deux instruments et le traitement du son en temps réel, comme le système de "Ennéaphonie" conçu par Daniel Kientzy. HATSHEPSUT est une pièce écrite pour Daniel Kientzy et affectueusement dédiée à Reina Portuondo.

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Le Trio K R P

Daniel KIENTZY.
Il est unanimement considéré comme le héraut - le héros - du saxophone contemporain. Premier prix à l'unanimité en saxophone et musique de chambre au Conservatoire de Paris, il ne se satisfait pas du répertoire et des utilisations stéréotypées en vigueur, il entreprend des recherches sans précédent, découvrant de nouveaux modes de jeu et de nouvelles possibilités expressives qui ont révolutionné le saxophone. Collaborant étroitement avec des compositeurs il a suscité un répertoire d'œuvres pour les 7 saxophones du contrebasse au sopranino. Son traité ''Les sons multiples aux saxophones'' paru aux éditions Salabert, a obtenu le Grand Prix SACEM 1982. En 1990, il est Docteur de l'Université Paris VIII pour sa thèse ''Saxologie'', le plus complet traité qui existe sur une famille d'instruments. Il est également Docteur Honoris Causa de l'Université de Bucarest. Il est aussi l'auteur de ''L'art du saxophone''. Sa discographie comprend 56 disques en France et à l'étranger. Il a donné au saxophone une présence et une dimension scénique nouvelle dans la musique contemporaine.

Jean-Pierre ROBERT.
Etudes très classiques, puis, grandes soif d'autres contenus culturels, géographiques, d'autres logiques historiques, d'autres gestes et moules corporels, et, de créer un répertoire de musiques écrites nouvelles. Auteur d'un livre sur les modes de jeu de la contrebasse, il fut collaborateur de l'Ircam, soliste de l'ensemble L'Itinéraire, en résidence pour un travail sur les technologies avec GRAME de Lyon et l'UPIC. Résidence également au Centre d'Art de Kerguehennec pour la relation de la musique avec les autres arts (installations sonores). Suscitant des créations, il présente aux compositeurs les techniques qu'il a développées. Ces créations nouvelles représentent actuellement une vingtaine d'œuvres dont : G. Aperghis, K. Saariaho, I. Xenakis, J. Giroudon… Les ''installations sonores'' ont été présentées au Centre Pompidou, musée d'art moderne de Strasbourg, festival Why Note de Dijon, Centre d'Art de Chamarande, Lyon. Depuis 1999, il dirige dans le cadre du CEFEDEM-Bourgogne un atelier sur la musique de chambre contemporaine.

Reina PORTUONDO
Elle est une interprète d'un nouveau genre : soniste, elle manipule musicalement les son et les projette dans l'espace. Au sein de Nove Musica elle a participé à la conception de l'Ennéaphonie (1). Avec Daniel Kientzy elle a élaboré la meta musique de chambre qui réunit dans un geste purement musical un interprète instrumental et un autre qui en accord et en inter- réactivité, le transmet timbralement et spaciallement le contrepoint sur support. Elle a exercé son talent dans de nombreux pays. Elle fait partie du groupe de musique improvisées ''Kientzy, Telectu & Portuondo'' Elle a travaillé avec différents studios de musique électroacoustique dans le monde et a joué dans maintes festivals et programmations diverses en Europe, Amérique et Asie. Elle donne aussi des conférences, réalise des stages en France et à l'étranger. Elle a également enregistré plusieurs CD et de nombreuses émissions radios nationales en France et ailleurs.

(1)Ennéaphonie : Mode et système d'interprétation et diffusion multivoix conçu pour la musique mixte. Le dispositif allie le potentiel inouï de l'acousmatique à celui de l'instrumental à celui de l'instrumental magnifié par les colorations et / ou transformations électroniques en temps réel, une spatialisation différenciée de 8 directions.

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